Biodéchets : une ressource précieuse

Avec Olivier Salloum de Moulinot

La grande aventure des Jeux Olympiques et Paralympiques, cela fait deux ans qu’Olivier Salloum, le directeur commercial de Moulinot, la vit ! Pionnier de la valorisation des biodéchets dans la restauration, l’entreprise a en effet remporté le marché de la gestion des déchets de la plupart des sites des Jeux de Paris 2024. « Nous avons commencé à travailler avec le Comité d’organisation pour collecter et recycler les déchets du siège, dans l’immeuble Pulse, à Saint-Denis. Nous continuons avec les sites de Villepinte, Paris La Défense Arena. » explique-t-il.  Un vaste chantier en cotraitance avec Groom, filiale de Tri-o Greenwishes, qui gèrera, elle, les déchets non alimentaires. « Montrer à tous qu’une entreprise d’insertion, PME du 93 basée à Stains, peut travailler avec les plus exigeants, c’est formidable. On n’est pas une multinationale et pour que les organisateurs des Jeux nous fassent confiance, c’est que l’on a une vraie valeur ajoutée. » 

Des sacs-poubelle qui s’amoncellent avant d’être incinérés et des terres qui s’appauvrissent… Lorsqu’en 2013, le restaurateur Stéphane Martinez fait ce constat, il décide d’agir : avec son camion, il fait le tour de ses collègues pour les sensibiliser au tri sélectif et collecter des déchets qui deviennent compost. Aujourd’hui élargie aux écoles, collectivités, cette collecte mobilise 5O véhicules écologiques. « Bilan : 1 700 tonnes de biodéchets recyclés par mois. » Des déchets qui deviennent du biogaz et des fertilisants. « Nos partenaires sont les agriculteurs méthaniseurs de Seine-et-Marne auxquels nous vendons les biodéchets. » Une façon de reconnecter l’urbain et le rural. Moulinot a toujours conjugué innovation avec inclusion. Objectif de l’entreprise qui emploie 140 salarié·e·s : former toujours plus de femmes et d’hommes éloigné·e·s de l’emploi avec des contrats en CDD et CDI, y compris au siège. 

Venu du secteur de la banque, expatrié en Roumanie, Olivier Salloum a opéré il y a dix ans un virage à 180 degrés pour accompagner Stéphane Martinez. « Son projet était excitant. Il avait un sens. » Un modèle aussi performant que vertueux qu’il veut reproduire en région. « On estime à 10 millions de tonnes les déchets alimentaires sur un an : 15 % seulement sont aujourd’hui recyclés. On a besoin de nous » !